Equita Lyon 2014
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Les chevaux de toutes les planètes, sont avec Andy BOOTH
Séance didactique avec l’homme qui nous parle si bien de son credo, avec un cheval de selle français comme témoin et complice : oui, le plus important, c’est la base d’éducation au sol, avec quatre choses simples, avancer, arrêter, reculer, tourner. Est-ce qu’il y a une discipline pour laquelle il n’est pas besoin que le cheval ait cette éducation au sol? Non, aucune. Pour quelle discipline faut-il que le cheval ait cette éducation au sol? Eh bien pour chaque discipline.
On peut demander à avoir la cerise sur le gâteau, mais s’il n’y a pas le gâteau, cela ne sert à rien, « moi, ce que je veux déjà, c’est avoir le gâteau » rappelle Andy BOOTH, qui fait avancer, arrêter, reculer et tourner son cheval tout en s’adressant au public captif et captivé par cette synchronie entre lui-même et le cheval. Faire avancer, arrêter, reculer et tourner son cheval, en le menant aussi bien de droite que de gauche, tout en tentant de le distraire, par du bruit, ou des gestes. Avec ou sans bride, avec ou sans longe, à quelques centimètres du cheval, ou au contraire à plusieurs mètres, au sol, il y a 3 choses, la concentration, la connection, la confiance/le contrôle. La « connection avec les humains », car pour le cheval, « ça doit être le meilleur endroit de la terre », et le « contrôle » de ses pieds, avancer, arrêter, reculer, tourner.
L’absence de cortex frontal ne permet pas au cheval de penser en termes de « bon/pas bon » ou « bien/mauvais », c’est pourquoi il faut l’éduquer.

Un petit tour en selle, et c’est la simple pression des jambes qui va mener le cheval, ou le simple relâchement. Comme en Australie, le cheval est destiné au travail, pour aider les hommes, Andy BOOTH joue à attraper un bétail imaginaire au lasso, en dirigeant évidemment son cheval avec les jambes. Il siffle, et son cheval reste impassible… « Mettre la pression avec les jambes, relâcher la pression », c’est le code, car le cheval a besoin d’un code avec son cavalier.
Cette alternance de pression et de relâchement crée un corridor, un couloir dans lequel le cheval doit demeurer, dans lequel il se dirige. Et inutile de « faire le ski nautique sur le cheval, de tirer sur les mors ».

Le Cabaret équestre est un véritable enchantement, pour néophytes ou pour connaisseurs, et pour tous les amoureux des équidés. Il allie performances équestres pures, et magie de la relation entre l’humain et le cheval, où chaque moment de l’âme peut trouver son miroir.

Notons les voltigeuses de Laurent DOUZIECH, qui, pour quelques minutes, nous emmènent dans le sillage de leurs acrobaties cosaques, qui les voient se suspendre par un pied au flanc de leur monture, ou en descendre pour rebondir et se remettre selle, accompagnant ainsi avec témérité les longues diagonales de leur cheval au galop.
Elles paradent ainsi sur la piste, six cavalières émérites, et à tour de rôle, chacune d’entre elles s’élance pour un solo avant de rejoindre le reste de la troupe.
En arrière-plan sonore, la musique de Peau…

Peau, que l’on retrouve pour un grand moment de grâce avec Sylvie WILLMS, qui parle et danse avec les chevaux, dans un ballet délicat et féérique. Le tableau final est d’une absolue beauté, Sylvie WILLMS est blottie contre le cheval, assis, et dressé sur ses pattes avant, et les deux ne semblent plus faire qu’un, alors que Peau, guitare en bandoulière, les accompagne d’accords dont elle a, seule, le secret. Un des moments les plus envoûtants du spectacle.

C’est une cavalière, Clémence FAIVRE, qui prolonge, artistiquement les propos didactiques d’Andy BOOTH, par une véritable démonstration de dressage. La cavalière et sa monture répètent les mêmes figures, avec un niveau de difficulté qui va crescendo, avec bride et selle, puis sans bride, puis sans bride et sans selle, puis en descendant de cheval. En selle, avec ou sans bride, ou à distance, face à lui, la cavalière fait ainsi se cabrer son cheval, de droite à gauche, de gauche à droite, le cheval y goûtant manifestement comme à un jeu. Enfin, le cheval se dresse majestueusement, de toute sa hauteur, de longues secondes, saluant Clémence FAIVRE, et le public conquis et fasciné.

Saluons aussi le spectacle offert par la Compagnie des Quidams, une création envoûtante, surprenante, et onirique. Pendant une douzaine de minutes, les chevaux de la troupe, superbe trouvaille d’ingéniosité et d’esthétisme, de grandes structures gonflables, luminescentes, en forme de cheval, portées par les artistes, nous invitent à nous plonger dans les farandoles, les bals, les rondes, les ritournelles ou les sambas, qu’ils créent, constituant une suite de plusieurs tableaux marqués chacun par une chorégraphie, une couleur, et une musique spécifiques.
Alliant poésie et humour, lyrisme et décontraction, flânerie et diablerie, la troupe nous entraîne dans une large palette d’émotions et de saveurs. A filmer, et à se repasser en boucle, à offrir aussi.

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